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Forum d’échange entre scientifiques et porteurs des projets de territoire

 

sur l'appui scientifique au PLAV-2

 

A la demande du COPIL « Algues Vertes », le Creseb intervient pour apporter un appui scientifique intégré et ciblé, aux territoires et à la gouvernance régionale, tout au long du plan de lutte contre les proliférations d’algues vertes. Le 17 juin 2016, les porteurs locaux et régionaux du PLAV2 et les scientifiques se sont réunis pour définir la manière d’organiser cet appui scientifique et un groupe permanent de scientifiques pluridisciplinaires a été mis en place dont la mission consiste à organiser et assurer cet appui scientifique en fonction des besoins. Pour en savoir plus.

Lors de la phase d'élaboration des projets de territoire au premier semestre 2017, des besoins ont été exprimés par les porteurs locaux et régionaux, et des thèmes d’intérêt ont été relevés par les scientifiques à la lecture des pré-projets de territoire.
Afin d'éclairer et mettre en débat ces différents thèmes et besoins exprimés ou apparus, une journée d’échange a été proposée avec les porteurs locaux du PLAV2 et le comité de pilotage, le 04 octobre 2017 à Saint-Brieuc.

La journée était structurée autour de 4 grands thèmes avec des exposés introductifs de scientifiques pour amener des éléments au débat.

 

 

I- La compréhension des phénomènes de proliférations d’algues vertes

 

Des questionnements concernent la compréhension et les prévisions des phénomènes de prolifération. Est notamment questionné le lien entre les flux d’azote terrigènes à l’exutoire des cours d’eau et les surfaces d’échouage [indicateur surfacique de la DCE, à savoir le ratio de qualité écologique (EQR) qui permet d’attribuer à chaque masse d’eau, une qualité écologique]
Il existe une relation entre les flux d’azote et les quantités d'algues produites mais elle n'est pas linéaire et d'autres facteurs entrent en jeu (lumière, température, confinement,). Par ailleurs, des incertitudes persistent concernant le rôle secondaire que pourraient jouer les flux terrigènes d’azote ammoniacal et organique. Des incertitudes demeurent également quant au rôle joué par les flux de nutriments (azote et phosphore) en provenance des sédiments, dans le soutien des proliférations, notamment en fin de saison estivale lorsque les flux terrigènes baissent.
Des outils de modélisation agro-hydrologiques (TNT2) ont été utilisés sur les bassins versants dans le cadre du PLAV1 pour simuler l’impact des actions agricoles envisagées sur les flux de nitrate aux baies. Des attentes sont formulées par certains porteurs locaux pour mettre à jour les modélisations dans le cadre du PLAV2. Des attentes sont également formulées pour coupler cette modélisation des flux terrigènes au modélisation de croissance et de dispersion des algues (modèle Mars-ULVE), de manière à pouvoir mieux relier « actions sur les bassins versants » et « biomasse algale et surfaces d’échouage dans les baies ».

 

Diaporama

Exposés introductifs : "Marées vertes : facteurs explicatifs et modélisation" (P. Durand & S. Ballu) - "Marées vertes et sédiments : enjeux  et interrogations"  (G. Gruau) & Discussion générale

 

Documents complémentaires

 

Note sur le projet de couplage des modèles continental (TNT2) et marin (Mars3D-Ulves)

Note sur les objectfis de qualité de l'eau

 

Document de synthèse du groupe de travail "algues vertes sur vasières"

 

 

II- Quelle stratégie pour la mobilisation sur le territoire ?

 

Différentes stratégies sont proposées dans les projets de territoire pour mobiliser les acteurs agricoles (ciblage des actions sur les exploitants déjà engagés ou volontaires, non ciblage afin de mobiliser le plus largement possible, modulation sur des secteurs et/ou exploitations jugés prioritaires,…).
Il est intéressant d’échanger autour de ces différentes stratégies et de discuter notamment des perspectives offertes par l’élargissement à d'autres enjeux du territoire (mutations agricoles, développement touristique, etc…), allant au-delà du seul enjeu algues vertes. D’autres clés d’entrées permettent-elles d’optimiser la mobilisation des acteurs ?
Par ailleurs, une bonne connaissance des groupes d’acteurs impliqués, de la manière dont ils interagissent dans la mise en œuvre du plan, de leurs rôles, de leurs engagements et de leurs modalités d’actions sont utiles pour déterminer la/les stratégie(s) les plus intéressantes. Quels sont ces acteurs et leurs modalités d’actions ? Comment les identifier ?

Ce temps d’échange visait, au travers d'un éclairage des sciences humaines et sociales, à aborder ces dimensions et identifier d’éventuelles pistes complémentaires pour accompagner la mobilisation.

 

Diaporama

Exposé introductif : Eléments d'analyse des visions de scientifiques et d'acteurs locaux sur la mobilisation (A. Levain & N. Dupont) & Discussion générale

 

 

III - Quels indicateurs pour analyser l'évolution des pratiques et des systèmes agricoles, pour évaluer leur efficacité et les dynamiques engagées ?

 

Les connaissances scientifiques actuelles permettent d’identifier des grandes familles d’actions visant à limiter les fuites d’azote et de proposer des ordres de grandeur pour pouvoir les hiérarchiser. Cependant l’évaluation fine de l’impact de ces actions sur la baisse des fuites d’azote à l’exutoire des bassins versants reste complexe. Outre l’effet direct sur les fuites d’azote, certaines actions peuvent aussi avoir une efficacité d’ordre stratégique (effets mobilisateurs, moyen d’entrer en contact avec les exploitants agricoles,…) impliquant de considérer d’autres indicateurs que le seul indicateur « fuite d’azote » pour en évaluer l’intérêt et l’efficacité. . Par ailleurs, le rapport coût / efficacité de ces actions et leur possibilité de mise en œuvre en lien avec l’acceptabilité doivent également être intégrés à la réflexion.

La question des indicateurs pour analyser l’impact des actions se pose donc. Le bilan du PLAV1 met en avant la complexité de l’évaluation au regard du nombre et de la qualité des indicateurs mobilisés. Notamment, les indicateurs mobilisés pour analyser les dynamiques agricoles est faible comparativement à ceux mobilisés pour analyser les processus biophysiques. L’analyse des dynamiques d’engagement est importante. Il est fondamental de réfléchir aux indicateurs permettant d’évaluer les dynamiques agricoles et aux stratégies à mettre en place pour acquérir les données permettant d’alimenter ces indicateurs.

 

Diaporama

Exposés introductifs : "Quelques constats et réflexions issus de l'analyse des indicateurs de suivi des actions agricoles du PLAV1" (J. Launay) - "Retour d'expériences sur des indicateurs-guides" : des pistes à explorer ? (F. Vertès et al.) & Discussion générale

 

Documents complémentaires

 

Eléments de bilan du PLAV1

 

En savoir plus sur les RMT réseaux mixtes technologiques : RMT Erytage évaluation de la durabilité des systèmes et des territoires agricoles ; RMT SPYCE systèmes de polyculture élevage ; RMT SdCi systèmes de culture innovants

 

 

IV- Quelles approches économiques et quels outils juridiques pour accompagner et favoriser les changements de pratiques agricoles ?

 

Il est important de s’interroger et d’identifier les outils incitatifs les plus performants et qui peuvent conduire à une évolution dans le temps des systèmes agricoles (de l'économie agricole ?). Il est notamment intéressant :
- d’analyser les freins et potentialités de mise en œuvre des dispositifs et relations juridiques existant puis d’identifier des instruments juridiques et mécanismes de gouvernance innovants susceptibles d’être mobilisés par les acteurs,
- d’identifier et d’établir des préconisations pour la conception d’aides innovantes
- d’identifier et d’exploiter les systèmes de rémunération innovants (PSE paiements pour services écosystémiques).

D'autre part, la problématique économique centrale et commune aux pré-projets des 8 baies est celle de la « double performance économique et environnementale ». Ce problème n’est pas simple car si on ne trouve pas une solution pour « internaliser » les performances environnementales, soit via une politique publique, soit via un marché, il n’y aura pas de double performance et donc pas de plus-value économique. Les baies mettent l’accent sur une valorisation des produits agricoles cohérente avec les objectifs de réduction des algues vertes, c’est-à-dire les marchés de l’environnement : les marchés de proximité (circuits-courts), les marchés labellisés (produits bio) ou des marchés publics avec encadrement des collectivités (restauration collective). Quelles sont les marges de manœuvre réelles dans un contexte d’économie de marché ? Les situations qui marchent localement sont-elles transposables à l’ensemble des territoires ? Serait-il pertinent de concentrer les aides sur ce volet ? Il est important d'évaluer la faisabilité et les conditions économiques de ces orientations potentielles de la production agricole.

Diaporamas

Exposés introductifs & Discussion générale :

 

- "Peut-on concilier réduction des algues vertes et plus-value économique ? La question de la double performance"(Ph. Le Goffe)

 

- "Aspects/outils économiques et juridiques : Premiers résultats de travaux de stages encadrés par M.Pech et N.Hervé-Fournereau sur "Paiements pour services environnementaux, Droit de la concurrence, Maitrise foncière" (K.Jégou, C.Le Bourhis, V.Buonomo & N.Vayer)

 

Documents complémentaires

 

Note : "Une lecture économique des pré-projets de territoire du PLAV2" (Philippe Le Goffe, Mars 2017)

 

Résumés des travaux de stage :

 

Etude de faisabilité de mise en oeuvre de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) en Bretagne pour répondre à la problématique des algues vertes (Kristell Jégou)

 

La conciliation entre le droit des aides d’État et le droit de l’environnement (Corentin Le Bourhis)

 

Le recours aux outils de maîtrise foncière dans le cadre du PLAV-2 : L’exemple de l’acquisition et de la gestion foncière des autorités publiques (Victoria Buonomo et Natacha Vayer)