Inondations en Bretagne : contrôle de l'aléa et culture du risque

 

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Une journée thématique sur la gestion du risque d’inondation dans le contexte breton a été organisée par le Creseb le 26 mai 2014. Des connaissances scientifiques et des retours d’expérience ont été présentés et mis en débat lors de cette journée. Cet article aborde les principaux points de discussion et renvoi vers des documents plus complets sur les différents thèmes abordés.

 

Le thème des inondations couvre un champ et des disciplines très diverses. Ainsi cette journée s’est focalisée :

> d’une part, sur les actions permettant le contrôle de l'aléa, à savoir le rôle que peuvent jouer les aménagements sur les bassins-versants pour réguler les flux d'eau en période de crue dans le contexte breton,

> d'autre part, sur la culture du risque inondation (appropriation du sujet en vue de l'adoption de comportements adaptés) en lien avec l’acceptation et la perception de ce risque.

 

 

 

Représentation schématique des points abordés lors de la rencontre du 26 mai 2014

 

 

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Crues / inondations en Bretagne de quoi parle-t-on ?

 

 

> lien vers le diaporama et le CR détaillé des échanges 

 

En Bretagne, les crues et inondations sont occasionnées, soit en période humide par saturation du sol en eau lors de précipitations longues, mais pas nécessairement intenses (ce type de phénomène est majeur en Bretagne en période hivernale), soit par de fortes pluies qui se déroulent souvent en l’espace de quelques heures et créent un fort écoulement vers les rivières ou une accumulation des eaux de surface dans les zones de bas relief. Elles peuvent être associées à d’autres événements extrêmes tels que les tempêtes ; en Bretagne, la conjugaison de fortes marées et de fortes précipitations crée un risque supplémentaire en zone littorale (Cseb, 2012).

 

 

Les questionnements d’aujourd’hui s’inscrivent dans un continuum d’histoire du risque mais aussi d’histoire des aménagements

 

Les recherches historiques conduites sur les 3 derniers siècles sur le bassin versant de la Vilaine [Dupont N., 2012(37 événements concernés) mettent en avant que chaque événement est considéré comme hors norme par la population : « on n’avait jamais vu ça ». Les accusations et les questionnements d’aujourd’hui portent sur des points similaires à ceux des 3 derniers siècles : entretien des cours d’eau, urbanisation mal maîtrisée, évolution de l'agriculture et remise en cause de la gestion du risque. Face à un événement qui touche et provoque des dégâts, la population recherche des responsables. Par ailleurs, depuis longtemps la problématique des inondations est intégrée dans un espace plus vaste qui questionne l’amont et l’aval du bassin versant.

 

 

 

Une nécessaire gestion intégrée

 

La gestion et la prévention des risques inondation nécessitent de considérer le problème dans son ensemble et de ré interroger notre rapport au risque (perception, mémoire, acceptation du risque). L'ensemble des mesures doit être coordonné et conçu de manière globale, avec une stratégie concertée reposant à la fois sur des mesures :

> de réduction de l’aléa : atténuer les niveaux des inondations significativement dommageables,

> de réduction de la vulnérabilité : diagnostic de vulnérabilité, non-création de vulnérabilité nouvelle, réduction de la vulnérabilité existante (ex : dispositions constructives), systèmes de prévision et d’alerte,... .

 

Par ailleurs, ces mesures présentent des limites (ex : au delà d'une certaine période de retour, les aménagements sont inopérants) qui rendent nécessaire :

> de développer une culture du risque inondation (appropriation du sujet en vue de l'adoption de comportements adaptés) adaptée au contexte local et partagée pour apprendre à « vivre avec les inondations »,

> d’anticiper et de préparer l’organisation de la gestion de crise : pré-crise (mise en sécurité, protection…), pendant la crise (continuité des activités et services…) et post-crise (réparation, reconstruction, remise en route opérationnelle…).

 

Le tableau suivant propose un classement des outils de prévention des risques selon leur efficacité en fonction de l’importance des crues (qualifiée par la période de retour). Ce tableau largement inspiré du guide sur le ralentissement dynamique pour la prévention des inondations [> lien], a été complété par le fruit des échanges lors de la journée du 26 mai 2014.

 

 

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Le choix des mesures de contrôle de l’aléa questionne les échelles d’espace et de temps ainsi que les effets induits par ces aménagements [+ d'infos]

 

Les mesures de contrôle de l’aléa (mesures structurelles) sont à réfléchir à l'échelle du bassin versant en diversifiant les aménagements de protection, en intégrant les différentes échelles de temps (depuis les événements modestes jusqu’aux événements extrêmes) et en analysant les effets induits des différents aménagements envisagés. Ainsi, la stratégie de gestion des inondations doit notamment :

> intégrer l’ensemble des actions et aménagements mis en œuvre sur l’ensemble du bassin versant : recherche de stockages, de ralentissement, de gestion des ouvrages hydro-agricoles, …

> évaluer l’efficacité des aménagements à l’échelle du régime des crues : sur certaines gammes de crue un écrêtement significatif est observé ; sur d’autres gammes de crue, l’effet sera nul car la capacité de stockage aura été atteinte,

> intégrer l’ensemble des conséquences de ces aménagements : sur les inondations, sur les autres composantes environnementales (biodiversité, continuité écologique, qualité de l’eau, érosion, …) mais également sur les autres composantes du territoire et les activités (agricoles, de loisir, prélèvement d’eau..),

> de s’accorder en amont sur les critères d’évaluation qui conditionnent l’identification des solutions les plus pertinentes : Analyse coûts-bénéfices (ACB), Analyse multi-critère (AMC) ?

 

 

Les difficultés de l’approche intégrée liées à la conciliation des objectifs, à la solidarité amont-aval et au temps nécessaire à la concertation  [+ d'infos]

 

Lors de la journée du 26 mai 2014, différents questionnements et difficultés sont apparus, parmi lesquels :

> la conciliation des objectifs d’aménagement du territoire et de protection contre les inondations : réfléchir de manière globale et intégrée nécessite d’organiser un dialogue entre les différentes collectivités impliquées et une cohérence des différentes politiques d’aménagement,

> une approche trop sectorisée (inondation) qui doit être complétée par une approche globale (environnementale) concernant le rôle du bocage et de la morphologie des cours d’eau,

> la notion de solidarité amont-aval qui est questionnée dans le cadre de la mise en œuvre d’une stratégie à l’échelle du bassin versant. Cependant, cette notion n’est pas simple à traiter car l’eau doit être stockée à un endroit, ainsi deux perceptions peuvent se confronter :

 

- celle des collectivités à l’aval qui se questionnent sur la manière d’impliquer et de sensibiliser les personnes localisées hors des zones à enjeux plus en amont sur le bassin versant,

 

- celle des collectivités et habitants localisés en amont et sollicités pour la mise en place d’aménagements de stockage temporaire pour limiter l’impact sur des communes localisées en aval qui se sont développées dans des zones inondables.

> la création d’espaces de concertation pour définir une stratégie à plus long terme qui nécessite du temps pour que les différents acteurs acceptent de se confronter ensemble au même problème. Ce temps n’est pas compressible au regard des enjeux : sommes d’argent, partage de l’espace lié au stockage de l’eau,…,

> les effets des aménagements sur la culture du risque : demander aux habitants et acteurs du territoire de développer une culture du risque inondation suppose que ce phénomène soit visible et présent dans l’espace et dans le temps. Ainsi, faire disparaitre l’ensemble des petits événements par le biais d’aménagements conduit à ce que les habitants et acteurs du territoire ne vivent plus que des crues exceptionnelles, très dommageables et rares. Cette faible périodicité et l’intensité de l’événement vécu rend le développement d’une culture du risque plus difficile.

 

 

 

Agir sur l’aléa dès l’amont : infiltrer, retarder, stocker le ruissellement en versant, tout en mettant en regard les volumes d’eau des précipitations et les capacités de stockage

 

Diaporama ayant servi de base aux échanges :

 

> Définir une stratégie de réduction des inondations -
Eléments de réflexion pour préparer la Discussion Christine Poulard – 26 mai 2014 [> lien

 

> Quels volumes sont nécessaires pour quel objectif ? Quels effets d’aménagements dispersés sur le débit ? 
Quelle gestion des ouvrages en avenir incertain ? 
[> lien]

 

> Aménagements en versant & réduction des inondations – Christine Poulard (Irstea de Lyon) le 07/09/2012 [> lien]

 

L’organisation territoriale d’entités chargées de la gestion intégrée à l’échelle du bassin versant offre des perspectives intéressantes pour poser un diagnostic pertinent et trouver des solutions de gestion de l’aléa à l’amont des enjeux, là où le foncier le permet. Il est donc possible de chercher à limiter la production de ruissellement (en favorisant l’infiltration), de favoriser le ralentissement et/ou le stockage, et de contrôler le transfert de l’eau, à toutes les échelles sur le bassin versant et notamment dès l’amont.

Un large éventail d’aménagements, ruraux et urbains, peut a priori participer au ralentissement des écoulements (figure 1) :

> Stockage massif et différé des volumes de crue (1) : travaux de grands ouvrages (ex : barrage à pertuis ouvert, casiers latéraux,…) ou répartis sur des petits cours d’eau voire en tête de bassin versant (ex : restauration de la morphologie naturelle des cours d’eau, bocage, talweg sec zone humide d’expansion des crues)

Gestion du cheminement de l’eau en amont sur les versants (2) : éviter la production excessive de ruissellement et contrôler le transfert (ralentir, dériver l’eau).

 

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Tableau et figure 1 : quelques mesures de réduction de l’aléa (d’après Poulard 2013, communication à Novatech)

 

 

 

En raison de la grande diversité des aménagements envisageables et du fait que ces derniers peuvent impacter différents processus (ruissellement ou stockage temporaire), chaque réalisation s’inscrit dans un contexte local et proportionné aux enjeux, accompagnée d’une expertise locale et transversale en lien avec la connaissance du terrain.

 

 

Le tableau suivant propose une typologie des procédés permettant le ralentissement dynamique des écoulements

 

Source : Le ralentissement dynamique pour la prévention des inondations

Guide des aménagements associant l'épandage des crues dans le lit majeur et leur écrêtement dans des petits ouvrages – Septembre 2004 – MEDD / Irstea

 

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L’efficacité des aménagements sur l’atténuation des inondations est avant tout une question de volume d’eau pouvant être infiltré ou stocké temporairement, puis restitué avec un décalage temporel, en cherchant à désynchroniser les pics des différentes contributions (les volumes d’eau devant idéalement être restitués après le pic de crue au droit des enjeux).

 

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Figure 2: fonctionnement d'ouvrages de laminage sous une pluie hétérogène

  

La quantification de l’efficacité d’une stratégie doit se faire globalement : les ouvrages à l’amont modifient le régime des crues au droit des ouvrages aval, et les ouvrages en parallèle jouent ensemble sur l’horloge des crues [ordre d’arrivée des pointes de crues et au décalage, calculé en heures, entre les pics de crues des différentes rivières].

L’absence de scénario-type de crue sur le bassin constitue une difficulté majeure pour quantifier l’efficacité des aménagements. L’efficacité de chaque ouvrage dépend de la pluie locale, sur son sous-bassin, qui varie dans l’espace et d’un épisode à l’autre. Ainsi, en fonction des épisodes, certains ouvrages pourront être très peu sollicités (zone de pluie modeste) et d’autres saturés (pluies localement intenses). Il n’est pas possible d’associer une unique valeur d’efficacité de laminage à une période de retour de crue (voir figure 2).

 

Concernant spécifiquement la mesure de l’impact de petits aménagements répartis sur le versant tels que les modifications du paysage (arasement de haies et talus par exemple), leur effet est surtout sur des crues relativement modestes (jusqu’à des crues de retour 10 ans environ, variable selon les bassins). Leur impact est fonction de leur répartition dans l’espace, de leur densité et de la configuration du bassin versant, ce qui empêche de généraliser les conclusions d’un cas étudié, et rend complexe la communication sur ce point. [+ d'infos]

 

L’évaluation de l’impact du bocage sur le fonctionnement hydrologique des bassins versants dépend de la crue et de l’état du bassin versant lors de la crue :

> Concernant les crues fréquentes, l’impact du bocage est significatif.

> Concernant les événements extrêmes observés en Bretagne en hiver (faible fréquence), les sols sont saturés, les phénomènes de ruissellement de nappe sont alors majoritaires limitant l’impact du bocage lors de ces épisodes (cas des crues de 1999-2000 ou 2013-14). Les travaux de modélisation montrent cependant un effet fort du bocage sur l’évapotranspiration jusqu’à l’automne (systèmes très évapotranspirant). Ainsi à la fin de l’automne les sols sont plus secs et le temps de réhumectation de ces derniers est donc plus long dans les zones bocagères (augmentation de la capacité de stockage en versant). Le bocage pourrait ainsi réduire la période à risque de crues, la saturation des sols étant plus tardive dans un paysage bocager.

> Concernant les crues de battance (fermeture des sols sous l’impact de la pluie) caractérisées par des phénomènes de ruissellement liées à la forte intensité de la pluie, l’influence du bocage et de l’occupation du sol est très marquée. Ces phénomènes concernent plutôt des événements estivaux.

 

 

Il faut cependant aussi considérer les rôles fondamentaux du bocage sur la qualité de l’eau, les phénomènes érosifs et la biodiversité, replaçant le risque inondation dans une approche globale.

 

 

L’impact des aménagements sur l’accélération des écoulements

 

Sources :

> Le ralentissement dynamique pour la prévention des inondations – Guide des aménagements associant l'épandage des crues dans le lit majeur

et leur écrêtement dans des petits ouvrages – Septembre 2004 – MEDD / Irstea

> Poulard, Christine ; 2008, "Revue bibliographique. Panorama de la recherche sur la prévention des inondations",

Ingénieries E.A.T., numéro spécial 14

«La prévention des inondations. Aspects techniques et économiques des aménagements de ralentissement dynamique des crues »

 

Les activités humaines influent sur le ruissellement et donc sur les crues par la modification de l’occupation du sol, les infrastructures agricoles ou urbaines et les travaux hydrauliques. Comme cela a été évoqué auparavant, il est important d’évaluer l’impact de ces aménagements aux différentes échelles d’espace (échelle locale versus l’ensemble du bassin versant) et de temps en lien avec l’intensité des événements (modestes à extrêmes).

 

 

Le tableau ci-dessous met en parallèle les objectifs et les effets perturbateurs possibles de quelques aménagements courants sur l’hydrosystème dans son entier :

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Des informations complémentaires sont disponibles sur :

 

> Impact des petits aménagements répartis sur le versant et rôle du paysage pour la maitrise des épisodes de crue [+ d'infos]

> Le lien entre aménagement du territoire et phénomènes de crue [+ d'infos]

> Le lien entre pratiques culturales, érosion et ruissellement [+ d'infos]

> L'impact du drainage agricole sur les crues [+ d'infos]

> Les conséquences de la chenalisation sur la morphologie des cours d’eau et les crues et l’intérêt d’une restauration des écosystèmes pour l’écrêtement des crues [+ d'infos]

> La gestion des eaux pluviales dans les projets d’aménagement et dans le contexte urbain [+ d'infos]

> Le rôle des zones humides [+ d'infos]

 

 

 

 

Retours d’expérience en Bretagne

 

Etude pour la création d’ouvrages sur le bassin versant de la Vilaine [+ d'infos]

 

> Scénarios d’aménagement et concertation sur le bassin versant de l’Odet [+ d'infos] 

 

 

 

 

Une nécessaire culture du risque inondations : appropriation du sujet en vue de l'adoption de comportements adaptés

 

> lien vers le diaporama et le CR détaillé des échanges

 

Soit il est impossible techniquement de chercher à maîtriser l’aléa, soit les actions visant la maitrise de l’aléa* présentent des limites : d’une part, au delà d'une certaine période de retour les aménagements sont inopérants et d’autre part, les ouvrages de protection peuvent modifier la perception du risque en réduisant la vigilance des riverains mais aussi en établissant une coupure temporelle. Cette coupure temporelle parfois longue entre les événements ne permet pas d’établir une connaissance et une appropriation du risque. Ces limites rendent nécessaire le développement de la culture du risque inondation*. Il n'est pas possible d'éradiquer les effets de l'ensemble des crues, il est ainsi nécessaire «Â d’apprendre à vivre avec les inondations ».

 

 

Cette thématique étant très vaste et regroupant des questionnements divers, l’exposé et les échanges lors de la journée se sont focalisés sur quelques questions récurrentes en s’appuyant sur l’état de l’art et les expériences du terrain (notamment de l’IAV).

 

 

Les élus, acteurs clés dans la gestion du risque inondation

 

 

Comment saisir les opportunités des outils réglementaires pour mettre en débat la gestion du risque inondation et sensibiliser les habitants à ce risque ? Deux pistes de réflexion sont proposées :

> Mobiliser les souvenirs des habitants : actuellement l’élaboration des PPR [1] passe principalement par des modélisations et la focalisation sur quelques événements clés. Il pourrait être pertinent de créer des espaces de discussion pour que différents acteurs du territoire échangent autour des questions suivantes : quels sont leurs souvenirs des événements passés ? Comment cela s’est-il passé ? Comment la crise a-t-elle été gérée? Quels étaient les niveaux d’eau atteints ?

> Organiser des échanges entre les élus de territoires ayant des situations de mise en œuvre différentes des PPR.

[1] Les Plans de Prévention des Risques naturels inondations et littoraux (PPRI et PPRL) constituent l’un des outils de la mise en œuvre de la politique de l’État en matière de prévention des inondations et des risques littoraux. Ils mettent en évidence les zones à risques, réglementent l’aménagement et les usages du sol, et définissent des mesures pour réduire la vulnérabilité des enjeux (personnes, biens et activités).

 

 

Comment utiliser les épisodes et la gestion de crise pour questionner le risque et sensibiliser les habitants ?

 

Le temps post-crise constitue un moment favorable pour diffuser l’information, mobiliser des personnes ressources afin d’entamer une réflexion de plus long terme et plus globale sur la prévention du risque inondation. Il ne faut cependant pas attendre une crise pour agir !

 

 

Les exercices de simulation de gestion de crise constituent également des outils fondamentaux pour éviter l’oubli et anticiper ce type de situation (en lien avec le turnover important des élus, du personnel, des services de secours et des populations résidentes).

 

 

 

Les habitants acteurs au quotidien

 

 

Il est important d’intégrer le cours d’eau et l’inondation dans un quotidien et de favoriser les démarches participatives plus globales (les bords de cours d’eau sont des espaces de vie, il est intéressant de ne pas parler uniquement de l’inondation mais de l’aborder a travers d’autres actions du quotidien). En travaillant sur un cours d’eau présent dans l’espace habité, il est possible de construire une certaine acceptation de l’inondation (voir les exemples ci-après).

 

L’association du Faubourg à Bézier participe à la culture du risque inondation avec un discours de «Â vivre avec les inondations ». De nombreuses animations sont proposées autour de la rivière permettant d’aborder le thème des inondations.

 

Dans le cadre du PAPI Vilaine [2], différents outils sont mis en place ou en cours de création pour intégrer l’inondation dans le quotidien des habitants : repère de crues qui inscrit une trace de ces événements passés, travail des élèves sur la mémoire et la perception des risques naturels - Mémo Risks, projet de sentier d’interprétation,…

[2] Les programmes d’actions de prévention contre les inondations (PAPI) ont été lancés en 2002. Ils ont pour objet de promouvoir une gestion intégrée des risques d’inondation en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques et l’environnement.

 

La ville de Saint-Pierre-des-Corps est entièrement située en zone inondable. Cette ville matérialise dans son architecture la trace des événements et la façon dont habiter sur ce territoire a consisté à s’adapter. Cette ville a par ailleurs développé des formes d’urbanisme « résilient » avec des constructions conçues pour être moins vulnérables et dommageables en cas d’inondation et permettant un retour à la vie normale le plus rapidement possible.

 

L’Etablissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre Nantaise a réalisé un site Internet qui a pour objet de favoriser une prise de conscience et de rendre accessible les outils liés aux inondations. Notamment, une cartographie du risque inondation y est disponible.

 

 

L’habitant acteur lors de la gestion de crise : une sensibilisation possible ?

 

En lien avec le Plan Communal de Sauvegarde (PCS), un outil intéressant peut être mobilisé : la Réserve Communale de Sécurité Civile. A l’initiative du maire : il s’agit de mobiliser des citoyens volontaires en renfort des services communaux pour participer à la sauvegarde et à l’accompagnement des sinistrés (sous l’autorité du maire). Il s’agit d’un appel « à froid » en amont des crises et d’un engagement individuel.

 

 

Une nécessaire pédagogie sur le thème des inondations : certaines notions sont complexes et/ou abstraites : période de retour, horloge des crues, concomitance, réactions des bassins versant, temps de propagation de la crue … nécessitant une pédagogie auprès des élus et des habitants. Pour cela, l’IAV va notamment développer des maquettes numériques 2D et 3D à vertu pédagogique.

Par ailleurs, les outils de la modélisation d’accompagnement (jeux de rôle) pourraient également être mobilisés dans ce cadre [+ d'infos].

 

 

 

 

Les perspectives en lien avec le changement climatique

 

> lien vers le diaporama et le CR détaillé des échanges

 

 

L’évolution des précipitations peut être analysée selon différents points de vue :

> en s’intéressant aux valeurs moyennes (données les mieux maitrisées) mais aussi aux événements extrêmes (peu d’éléments/d’informations sont disponibles),

> en s’intéressant aux données passées mais également à celles issues des simulations.

 

 

L’évaluation de l’impact du changement climatique sur les précipitations.

 

 

La Bretagne est localisée dans une zone d’incertitude entre une zone d’augmentation des précipitations au nord et une zone de diminution des précipitations au Sud. Les prévisions futures issues des différents modèles montreraient une tendance à la baisse des précipitations moyennes. Cependant il existe une incertitude importante conduisant les scientifiques à reposer leurs analyses sur plusieurs modèles.

 

 

Dispose-t-on aujourd’hui de tendances claires sur l’impact du changement climatique sur les crues ? Peut-on au travers des simulations / modélisations actuellement disponibles prévoir une aggravation éventuelle des crues, de l’intensité des pics et de la fréquence ?

 

 

Aucun modèle ne permet actuellement de prédire l’influence du changement climatique sur les crues. Le dernier rapport du GIEC indique que cela constitue un des points clé sur lequel il faut avancer mais pour lequel on dispose actuellement de peu d’élément de réponse. Le dernier rapport sous la direction de J. Jouzel intitulé «Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés » indique, dans un futur lointain (après 2071), notamment «une hausse des précipitations hivernales et un renforcement du taux de précipitations extrêmes sur une large part du territoire, dépassant 5% dans certaines régions avec le scénario d’émission le plus fort, mais avec une forte variabilité des zones concernées selon le modèle utilisé ».

 

A noter que des travaux réalisés en Grande Bretagne suite aux crues observées à Londres dans les années 2000 mettent en évidence le rôle du changement climatique dans cet épisode.

 

 

 

La question de la submersion marine

 

 

Les résultats des études conduites mettent en avant que l’élévation du niveau de la mer observé en Bretagne est ancienne mais s’accélère au milieu du 20ème siècle.