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Une nécessaire culture du risque inondation

Appropriation du sujet en vue de l’adoption de comportements adaptés

> lien vers le diaporama et le CR détaillé des échanges

Soit il est impossible techniquement de chercher à maîtriser l’aléa, soit les actions visant la maitrise de l’aléa* présentent des limites : d’une part, au delà d’une certaine période de retour les aménagements sont inopérants et d’autre part, les ouvrages de protection peuvent modifier la perception du risque en réduisant la vigilance des riverains mais aussi en établissant une coupure temporelle. Cette coupure temporelle parfois longue entre les événements ne permet pas d’établir une connaissance et une appropriation du risque. Ces limites rendent nécessaire le développement de la culture du risque inondation*. Il n’est pas possible d’éradiquer les effets de l’ensemble des crues, il est ainsi nécessaire «Â d’apprendre à vivre avec les inondations ».

Cette thématique étant très vaste et regroupant des questionnements divers, l’exposé et les échanges lors de la journée se sont focalisés sur quelques questions récurrentes en s’appuyant sur l’état de l’art et les expériences du terrain (notamment de l’IAV).

Les élus, acteurs clés dans la gestion du risque inondation

Comment saisir les opportunités des outils réglementaires pour mettre en débat la gestion du risque inondation et sensibiliser les habitants à ce risque ? Deux pistes de réflexion sont proposées :

> Mobiliser les souvenirs des habitants : actuellement l’élaboration des PPR [1] passe principalement par des modélisations et la focalisation sur quelques événements clés. Il pourrait être pertinent de créer des espaces de discussion pour que différents acteurs du territoire échangent autour des questions suivantes : quels sont leurs souvenirs des événements passés ? Comment cela s’est-il passé ? Comment la crise a-t-elle été gérée? Quels étaient les niveaux d’eau atteints ?

> Organiser des échanges entre les élus de territoires ayant des situations de mise en œuvre différentes des PPR.

[1] Les Plans de Prévention des Risques naturels inondations et littoraux (PPRI et PPRL) constituent l’un des outils de la mise en œuvre de la politique de l’État en matière de prévention des inondations et des risques littoraux. Ils mettent en évidence les zones à risques, réglementent l’aménagement et les usages du sol, et définissent des mesures pour réduire la vulnérabilité des enjeux (personnes, biens et activités).

Comment utiliser les épisodes et la gestion de crise pour questionner le risque et sensibiliser les habitants ?

Le temps post-crise constitue un moment favorable pour diffuser l’information, mobiliser des personnes ressources afin d’entamer une réflexion de plus long terme et plus globale sur la prévention du risque inondation. Il ne faut cependant pas attendre une crise pour agir !

Les exercices de simulation de gestion de crise constituent également des outils fondamentaux pour éviter l’oubli et anticiper ce type de situation (en lien avec le turnover important des élus, du personnel, des services de secours et des populations résidentes).

Les habitants acteurs au quotidien

Il est important d’intégrer le cours d’eau et l’inondation dans un quotidien et de favoriser les démarches participatives plus globales (les bords de cours d’eau sont des espaces de vie, il est intéressant de ne pas parler uniquement de l’inondation mais de l’aborder a travers d’autres actions du quotidien). En travaillant sur un cours d’eau présent dans l’espace habité, il est possible de construire une certaine acceptation de l’inondation (voir les exemples ci-après).

L’association du Faubourg à Bézier participe à la culture du risque inondation avec un discours de «Â vivre avec les inondations ». De nombreuses animations sont proposées autour de la rivière permettant d’aborder le thème des inondations.

Dans le cadre du PAPI Vilaine [2], différents outils sont mis en place ou en cours de création pour intégrer l’inondation dans le quotidien des habitants : repère de crues qui inscrit une trace de ces événements passés, travail des élèves sur la mémoire et la perception des risques naturels – Mémo Risks, projet de sentier d’interprétation,…

[2] Les programmes d’actions de prévention contre les inondations (PAPI) ont été lancés en 2002. Ils ont pour objet de promouvoir une gestion intégrée des risques d’inondation en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques et l’environnement.

La ville de Saint-Pierre-des-Corps est entièrement située en zone inondable. Cette ville matérialise dans son architecture la trace des événements et la façon dont habiter sur ce territoire a consisté à s’adapter. Cette ville a par ailleurs développé des formes d’urbanisme « résilient » avec des constructions conçues pour être moins vulnérables et dommageables en cas d’inondation et permettant un retour à la vie normale le plus rapidement possible.

L’Etablissement Public Territorial du Bassin de la Sèvre Nantaise a réalisé un site Internet qui a pour objet de favoriser une prise de conscience et de rendre accessible les outils liés aux inondations. Notamment, une cartographie du risque inondation y est disponible.

L’habitant acteur lors de la gestion de crise : une sensibilisation possible ?

En lien avec le Plan Communal de Sauvegarde (PCS), un outil intéressant peut être mobilisé : la Réserve Communale de Sécurité Civile. A l’initiative du maire : il s’agit de mobiliser des citoyens volontaires en renfort des services communaux pour participer à la sauvegarde et à l’accompagnement des sinistrés (sous l’autorité du maire). Il s’agit d’un appel « à froid » en amont des crises et d’un engagement individuel.

Une nécessaire pédagogie sur le thème des inondations : certaines notions sont complexes et/ou abstraites : période de retour, horloge des crues, concomitance, réactions des bassins versant, temps de propagation de la crue … nécessitant une pédagogie auprès des élus et des habitants. Pour cela, l’IAV va notamment développer des maquettes numériques 2D et 3D à vertu pédagogique.

Par ailleurs, les outils de la modélisation d’accompagnement (jeux de rôle) pourraient également être mobilisés dans ce cadre [+ d’infos].