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Une nécessaire gestion intégrée

La gestion et la prévention des risques inondation nécessitent de considérer le problème dans son ensemble et de ré interroger notre rapport au risque (perception, mémoire, acceptation du risque). L'ensemble des mesures doit être coordonné et conçu de manière globale, avec une stratégie concertée reposant à la fois sur des mesures :

> de réduction de l’aléa : atténuer les niveaux des inondations significativement dommageables,

> de réduction de la vulnérabilité : diagnostic de vulnérabilité, non-création de vulnérabilité nouvelle, réduction de la vulnérabilité existante (ex : dispositions constructives), systèmes de prévision et d’alerte,... .

Par ailleurs, ces mesures présentent des limites (ex : au delà d'une certaine période de retour, les aménagements sont inopérants) qui rendent nécessaire :

> de développer une culture du risque inondation (appropriation du sujet en vue de l'adoption de comportements adaptés) adaptée au contexte local et partagée pour apprendre à « vivre avec les inondations »,

> d’anticiper et de préparer l’organisation de la gestion de crise : pré-crise (mise en sécurité, protection…), pendant la crise (continuité des activités et services…) et post-crise (réparation, reconstruction, remise en route opérationnelle…).

Le tableau suivant propose un classement des outils de prévention des risques selon leur efficacité en fonction de l’importance des crues (qualifiée par la période de retour). Ce tableau largement inspiré du guide sur le ralentissement dynamique pour la prévention des inondations [> lien], a été complété par le fruit des échanges lors de la journée du 26 mai 2014.

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Choix des mesures de contrôle de l’aléa: Quelles échelles d’espace et de temps?Quels effets induits par ces aménagements?

Les mesures de contrôle de l’aléa (mesures structurelles) sont à réfléchir à l'échelle du bassin versant en diversifiant les aménagements de protection, en intégrant les différentes échelles de temps (depuis les événements modestes jusqu’aux événements extrêmes) et en analysant les effets induits des différents aménagements envisagés. Ainsi, la stratégie de gestion des inondations doit notamment :

> intégrer l’ensemble des actions et aménagements mis en œuvre sur l’ensemble du bassin versant : recherche de stockages, de ralentissement, de gestion des ouvrages hydro-agricoles, …

> évaluer l’efficacité des aménagements à l’échelle du régime des crues : sur certaines gammes de crue un écrêtement significatif est observé ; sur d’autres gammes de crue, l’effet sera nul car la capacité de stockage aura été atteinte,

> intégrer l’ensemble des conséquences de ces aménagements : sur les inondations, sur les autres composantes environnementales (biodiversité, continuité écologique, qualité de l’eau, érosion, …) mais également sur les autres composantes du territoire et les activités (agricoles, de loisir, prélèvement d’eau..),

> de s’accorder en amont sur les critères d’évaluation qui conditionnent l’identification des solutions les plus pertinentes : Analyse coûts-bénéfices (ACB), Analyse multi-critère (AMC) ?

Quelles sont les difficultés de l’approche intégrée? Comment concilier les objectifs, la solidarité amont-aval et les temps nécessaire à la concertation?

Lors de la journée du 26 mai 2014, différents questionnements et difficultés sont apparus, parmi lesquels :

> la conciliation des objectifs d’aménagement du territoire et de protection contre les inondations : réfléchir de manière globale et intégrée nécessite d’organiser un dialogue entre les différentes collectivités impliquées et une cohérence des différentes politiques d’aménagement,

> une approche trop sectorisée (inondation) qui doit être complétée par une approche globale (environnementale) concernant le rôle du bocage et de la morphologie des cours d’eau,

> la notion de solidarité amont-aval qui est questionnée dans le cadre de la mise en œuvre d’une stratégie à l’échelle du bassin versant. Cependant, cette notion n’est pas simple à traiter car l’eau doit être stockée à un endroit, ainsi deux perceptions peuvent se confronter :

- celle des collectivités à l’aval qui se questionnent sur la manière d’impliquer et de sensibiliser les personnes localisées hors des zones à enjeux plus en amont sur le bassin versant,

- celle des collectivités et habitants localisés en amont et sollicités pour la mise en place d’aménagements de stockage temporaire pour limiter l’impact sur des communes localisées en aval qui se sont développées dans des zones inondables.

> la création d’espaces de concertation pour définir une stratégie à plus long terme qui nécessite du temps pour que les différents acteurs acceptent de se confronter ensemble au même problème. Ce temps n’est pas compressible au regard des enjeux : sommes d’argent, partage de l’espace lié au stockage de l’eau,…,

> les effets des aménagements sur la culture du risque : demander aux habitants et acteurs du territoire de développer une culture du risque inondation suppose que ce phénomène soit visible et présent dans l’espace et dans le temps. Ainsi, faire disparaitre l’ensemble des petits événements par le biais d’aménagements conduit à ce que les habitants et acteurs du territoire ne vivent plus que des crues exceptionnelles, très dommageables et rares. Cette faible périodicité et l’intensité de l’événement vécu rend le développement d’une culture du risque plus difficile.